L'architecture et les mystères de l'abbaye de La Sauve Majeure
~ Seconde partie ~
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Reprenons notre plan.
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Il me fallait un modèle pour faire un faux revolver qui ait l’air vrai. Il en faut un vrai pour en faire un faux, sinon il fait faux, pas vrai ?
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Nous pouvons créer des images virtuelles à partir d’une image réelle, la réciproque est-elle vraie ?
Nous allons chercher à répondre à cette question tout au long de la deuxième partie.
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Pour commencer, je vous remémore des images de l’église. Nous sommes ici dans le transept, et nous visualisons le cœur. Actuellement, seules les voûtes sont détruites
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Cette vues est imprenable de nos jours. Nous somme juste en dessous de la croisée, voûte principale dans une église et regardons la nef. Tout le coté droit est détruit. Seule une fondation peut nous remémorer sa structure.
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Ici, je pense que même dans une église encore entière, nous avons du mal à obtenir cette prise de vue : nous sommes au dessus des voûtes ! Vous remarquerez que je n’ai pas construit de charpente, par manque d’information, et de temps aussi.
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Le cœur. Arrêtons sur cette image afin d’y analyser deux éléments : les piliers et les voûtes. Ces deux éléments étant quasi inexistant sur place, je pense qu’il est intéressant de vous expliquer la grandeur…. « scientifique » de ma recherche.
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La construction des piliers fut assez fastidieuse. J’ai pris en photo les bases des départs restants, en y installant des bâtons d’un mètre de long dessus, visible en rouge ici. Par une simple règle de trois, j’ai ainsi pu reconstituer chaque pilier individuellement. J’ai utilisé le même principe pour les hauteurs.
J’ai ignoré la parallaxe de la photo, mais me suis aperçu en comparant mes hauteurs avec celle donnée dans le livre de la Guyenne romane, qu’elles étaient quasi identiques. La précision n’est pas toujours là, mais l’effet artistique y est !
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Deuxième problème rencontré : les voûtes.
Nous sommes ici dans une autre dimension : nous n’avons pas d’éléments apparent ! en cherchant bien, et après discutions avec des architectes, nous avons pu relever les points suivants.
En rouge les départ de voûtes, en vert les éléments qui nous font poser question. La 3D à prit toute sa raison d’être ici :
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J’ai modélisé toutes les hypothèses : roman plein cintre, roman voûté, gothique. Après visualisation de ces fait, nous sommes arrivé à conclure par la structure des bases et son époque quelle serait l’hypothèse la plus probable.
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Le cœur serait en roman plein cintre, le coté Nord gothique, coté sud roman voûté, et pour la croisée, la question n’eut pas de réponse. Deux éléments nous laissent croise qu’elle serait gothique : le portail de l’église, et les dates de la fin de la construction, qui est en pleine période gothique
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Mesdames, Messieurs, je vous laisse admirer en image ce mystère…
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Voici le portail dont je parlais tout à l’heure, qui à une structure gothique. Par prolongement sur la nef centrale, on pourrait croire que la croisée est gothique.
Vous allez me dire que c’est bien de partir sur des hypothèses, mais qu’en est-il de la réalité ? Je vous laisse donc comparer mon travail, ici le portail en vue filigrane, superposée avec la réalité.
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Et ici la façade reconstituée, à partir des ruines sur la photo. Tous les détails n’y sont pas, mais l’idée y est !
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Passons au cloître maintenant. Comme pour l’église, je vais vous montrer quelques images virtuelles avant de vous expliquer comment, et à partir de quoi, je les aie imaginées. Sur cette image, vous avez l’église en fond avec le départ de la tour. Le réfectoire que nous allons voir sur la prochaine image est situé juste derrière vous !
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Vous pouvez le voir ici, une grande salle capable d’accueillir une centaine de moines. De nos jour, seul le mur à gauche est encore debout.
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Et pour finir ce petit tour, voici une des allées autour du jardin du cloître. Même remarque que tout à l’heure en ce qui concerne l’existant, il ne reste qu’un fragment du mur de gauche.
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Et bien entendu, tout ceci à partir d’un monastère dans cet état ! Autant dire que les images que vous avez pus voir ne sont que de la pure imagination
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Nous allons vérifier cela. Il faut savoir que pour procédé à la construction de ce cloître, que suis parti de ces deux dessins : celui de gauche est un croquis que j’ai dessiné à main levé, afin de faire ressortir un maximum de détail. La photo constitue mon 2eme élément, qui me permet de savoir comment décorer le jardin.
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Deux ans après mon travail sur le cloître, des chercheurs ont retrouvés dans l’école normale, bâtiment qui à brûlé à coté de la Sauve la gravure de droite. Je l’ai alors comparée à ma reconstitution et voila le résultat ! Je me suis dis qu’après tout, je n’étais pas si loin de la réalité !
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Voila, j’en ai fini avec les explications sur la construction de cette abbaye ! Vous devez vous dire peut-être c’est bien ! Mais comment peut on se rendre compte de tout ceci ? Quel est le but ? Et le rapport entre la réalité et le virtuel soulevé par Averell Dalton ? J’y viens.
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Tout d’abord, nous pouvons rajouter ce que l’on veut dans l’église. Ici, des bancs et des vitraux ont été installés, chose inconcevable à l’époque. Entre toutes les guerres, jamais des vitraux auraient pu être installés, et tant qu’aux bancs, ça n’existait pas au XIIIe siècle ! Nous pouvons aussi rajouter de la lumière artificielle pour mieux se rendre compte de l’ambiance qu’il y avait !
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Une deuxième et dernière exploitation qui va vous permettre de vous rendre compte des dimensions réelles de cette abbaye : les images en anaglyphes.
=========FAIRE PASSER LES LUNETTES============
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Le principe de ces images est simple : réussir à faire voir une photo différente à chaque œil sur le même support ! Pour se faire, nous allons jouer sur des filtres de couleurs : chaque œil verra toute les couleurs sauf celle du filtre, comme on peut le voir sur ce dessin. Je vous invite à mettre ces lunettes pour procéder à un petit test : vous avez des difficultés à voir cette image, c’est normal. Maintenant, cachez votre œil gauche : vous voyer le plan du fond. Si vous cachez l’œil droit, vous voyez le plan de devant.
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Pour être plus concret, refaites cette expérience sur ces trois images :
cachez votre œil gauche : vous voyez par le départ de voûte à droite e l’image
que vous voyez l’image de droite. Et même chose pour l’autre œil.
En fait, votre cerveau fait automatiquement la somme des deux images,
filtrées à l’origine.
Je vous propose de finir cette présentation par une visite rapide en
images en anaglyphes.
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Vous avez un agrandi de l’image de tout à l’heure. Vous êtes dos à
l’église, et seul le mur du fond est encore debout.
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- église : montrer la cassure du mur ;
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- début existant, cloître rasé ;
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- On se rapproche du cloître, le début du mur de gauche est encore présent ;
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- Nous voyons ce même départ d’un autre point de vue
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Vu de la cour du cloître, nous visualisons la tour encore éxistante.
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Pour finir, nous sommes dans le réfectoire, situé au fond du monastère,
et nous devinons l’église en fond.
Je vous invites à enlever ces lunettes pour passer à le conclusion de ce travail.
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Nous pouvons être amené à nous demander si nous pouvons tout
imaginer en images virtuelles, et se questionner sur les limites.
J’ai envie de conclure cette présentation par vous redire que ce projet
était avant tout la réalisation d’une passion. Elle m’a appris à réaliser un projet
et comprendre une grande partie des compétences à acquérir pour en mener un
jusqu’au bout. Je pense aux capacités relationnelles, la gestion du temps de
travail ou du rôle de chacun et chacune, tel que ma famille, qui fut d’un très
grand soutien, ou Jean-François Duclot, qui mis tout en oeuvre pour m’aider à
trouver les éléments nécessaires. Je terminerais par vous informer de la
réalisation de son travail en qualité d’historien, qui est la rédaction d’une
œuvre complète sur l’histoire de l’abbaye de la Sauve Majeure. Son livre sur
« les grandes heures de l’abbaye de la Sauve Majeure » est en cours d’édition.
Si vous êtes intéressé, je prendrai vous coordonnée afin de lui transmettre pour
qu’il vous appelle dès sa sortie.
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